COUSCOUS SUSHI FRITES

A la moulinette : Mouli sur le net, Mouli tout net, Mouli net !

28 avril 2007

Le premier jour d'éternité

Pourquoi ce titre ? Vous le comprendrez à la lecture de cet article.

Voici un article à mi chemin entre Famille et Lectures. On me taxera peut-être de publicité gratuite, de par cet article... Mais bon, m'en fiche, na ! Le fais quand même, humpf!

Cette semaine, notre tante, Ghania Hammadou, qui habite à Saint Godens dans le sud, habituellement, nous rend visite. Je me permets donc de m'arrêter sur son parcours.

Après avoir été quelques temps journaliste (cofondatrice du Matin d'Algérie), elle est revenue en France (pour des raisons que nous n'évoquerons pas). Elle n'a pas abandonné l'écriture puisqu'elle est devenue écrivaine.

A son actif, on peut compter 4 livres : "Le premier jour d'éternité", "Paris, pus loin que la France", "Khalil et le Fennec" et "La porte du Vent". Ces livres sont surtout emprunts par son passé, récent - quotidien d'artistes et de journalistes sur fond de guerre civile.

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Parmis ceux-là, il y a aussi l'original "Khalil et le Fennec", roman junior qui raconte les investigations d'un enfant (Khalil) sur Gibrail, sensé être le dernier de son espèce, et ce sur fond de désertification.

Et bien voilà, j'espère qu'après cette courte présentation, vous y jetterez un oeil. En tout cas, c'est très bien écrit et on ne s'en lasse pas.

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19 avril 2007

Un Tatar au Japon

Un_Tatare_au_JaponDans mon cheminement, j'ai été amené à consulté nombre d'écrits, du manga au livre d'histoire en passant par le livre de recettes de cuisines !

"Un Tatar au Japon", qui m'avait été conseillé par Philippe M., un vieil ami, est un de ces livres. Il entre dans la catégorie des livres d'histoire.

"Un Tatar au Japon" est un résumé de 251 pages (270 avec les notes et remerciements...) du "Monde de l'islam et de l'islamité au Japon", d'environ 1300 pages, mais que je ne pourrais jamais lire, méconnaissant le turc, l'arabe écrit ou l'allemand.

Abdürrechid Ibrahim, ouléma, y narre son voyage en Asie de 1908 à 1910 qui a pour but ultime le Japon. Son but y est clairement exposé : montrer à l'Orient (à priori les musulmans) qu'il est possible de se moderniser, sans singer l'Occident. Il faut garder ses particularités orientales. Ainsi, le Japon qu'il visite est un exemple.

De ses multiples péripéties, on ressent ces différences de cultures, le rejet certain d'Ibrahim pour la colonisation, étant lui même Tatar de Russie. Il est horrifié devant la situation des Indiens ou des Chinois, encore plus lorsqu'il s'agit de musulmans. 

Au Japon (où il reste le plus longtemps), il s'émerveille devant les progrès accomplis de la nation. Il y rencontre journalistes, hommes politiques ou simples citoyens (paysans, marchands, etc.) qui lui font part de leurs sentiments : il faut échapper à l'emprise des Occidentaux et pour cela, ils se modernisent.

Un autre but se dégage de ce voyage : Ibrahim veut réaliser l'union des Orientaux, sous la bannière des Japonais, plus avancés. Il s'en sent plus proche que des Russes dont il partage pourtant la nationalité. Il cherche à savoir comment cette union peut se réaliser.

Dans ce livre, du moins dans le résumé proposé, une chose marque : c'est la présence de l'Islam. Ibrahim, il faut le rappeler, est aussi ouléma. Il se charge de propager la bonne parole. Ainsi, il pense que par le monde de vie des Japonais (hygiène, respect, etc.), ceux-ci sont parfaitement en clin à se convertir. De plus, cela serait très utile au projet d'union de l'Orient. D'ailleurs son action porte : il en a converti, une mosquée va s'ouvrir au Japon, et Yamaoka Omer (nom choisi par Ibrahim du fait de sa conversion), le rejoindra plus tard en Inde dans son périple pour participer avec lui au pélerinage et donc apprendre.

Je ne sais pas si c'est ainsi dans l'ouvrage d'origine ou si c’est le fait du choix du traducteur français mais l'Islam est beaucoup plus présent que tout, voire trop. Alors que je m'attendais à avoir plus de précision et le jugement original d'un musulman sur l'éducation, le système politique, les moeurs..., l'accent est plus mis sur l'union orientale à réaliser et la place de l'Islam. Bien sûr, les descriptions sont bien présentes mais pas assez à mon goût. Il y a même des sauts à maintes reprises. Le traducteur fait un bref résumé entre parenthèse sur le fait qu'Ibrahim visite telle ou telle institution, s'émerveille devant telle facette du peuple japonais... C'est frustrant.

Malgré ce fait, on retrouve ces descriptions, moins nombreuses mais là. Ainsi, il est toujours plaisant de parcourir ce témoignage original sur le Japon du début du siècle. De plus que cet homme, Ibrahim, ait un but avoué très différent de celui des Occidentaux, est tout aussi bien ! Nous y avons une optique différente sur la qualité des Japonais, leur modernité et la politique du début du XXème siècle. Un véritable témoignage original sur le Japon de l'ère Meiji (1868-1912).

Je vous le conseille donc fortement.

ABDURRECHID IBRAHIM, Un Tatar au Japon : voyage en Asie 1908-1910, Arles : Actes Sud, coll. Sindbad, 2004.

Posté par moulfrench à 19:13 - Lectures - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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